Le musée va fermer ses portes pour une profonde rénovation des salles d’exposition. Une visite des lieux avant transformation s’impose. Car, en tant qu’ancien symbole de la colonisation belge en Afrique, suite aux indépendances, peu de changements ont eu lieu au musée pour réduire le discours expansionniste lancé par le roi Léopold II au XIXe siècle.

Sur quoi portera donc cette transformation ? Les symboles coloniaux (comme les statues de la rotonde, par exemple) vont-ils être relégués aux réserves ou placés dans une salle en tant que témoins du passé ? Les objets culturels seront-ils toujours présentés en tant qu’objets ethnographiques statiques ?

De nombreuses questions se posent évidemment à ce sujet car face aux nombreuses remises en questions entamées il y a déjà de nombreuses années dans d’autres musées occidentaux ainsi que dans l’étude scientifique des objets, des œuvres d’art et des cultures d’Afrique, le musée de Tervuren reste quelque peu à la traîne et n’a entamé que timidement cette voie.

Nous sommes donc curieux de voir jusqu’où ce réaménagement va présenter une vision nouvelle et, espérons-le, critique de cette partie importante du passé de la Belgique.

 

 

 

 

 

Rénovation

Le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) fermera ses portes mi 2013 pour trois années de travaux de rénovation. Lorsqu’il les rouvrira, en mai 2015, il aura considérablement changé d’aspect.

Cette rénovation était urgente. Le bâtiment public date de 1910 et, s’il respire encore un charme qui lui est propre, son infrastructure n’est plus adaptée aux nécessités d’un musée moderne. Les dernières grandes adaptations remontent à l’Expo 58, soit il y a plus de 50 ans.

L’exposition permanente a, elle aussi, fortement vieilli et contraste avec les expositions temporaires en phase avec l’actualité des collections et de la recherche scientifique. Une rénovation en profondeur et une modernisation s’imposent.

La rénovation du bâtiment public débutera en 2012. Le musée sera alors doté d’une infrastructure contemporaine et d’une nouvelle trame générale. Sa réouverture est prévue pour mai 2015. Pendant la fermeture du musée, l’institut scientifique continue à fonctionner normalement.

 La rénovation du bâtiment du musée et la construction du nouveau pavillon d’accueil seront les premières réalisations visibles. L’exécution du master plan pour l’ensemble du site se poursuivra ensuite avec les bâtiments qui hébergent actuellement les sections scientifiques. La finalisation du projet est prévue pour 2020. Un projet qui, dans sa totalité, constitue un véritable défi.

 L’ensemble de la rénovation se déroule sous la commande de la Régie des bâtiments, en étroite  concertation avec le musée. Après le lancement d’un appel d’offre public, le contrat a été attribué en 2007 à l’association temporaire Stéphane Beel Architecten (TV SBA). Celle-ci regroupe Stéphane Beel Architecten, Origin Architecture and Engineering, Niek Kortekaas, Michel Devisgne, Arup, RCR Studiebureau et Daidalos Peutz.

 

La première étape de la rénovation a donc été d’établir un masterplan repensant l’ensemble du site. Cette étude englobait le parc, le bâtiment RSE (Centre de la recherche scientifique de l’État, qui occupe une des deux ailes du CAPA, l’autre abritant le CERVA, ou Centre d’étude et de recherches vétérinaires et agrochimiques), le Palais des colonies, le pavillon de la Direction et le pavillon Stanley.

Afin que les collections et les archives puissent être conservées dans les meilleures conditions possibles et selon les normes actuelles, la construction d’un nouveau bâtiment s’impose. Les collections sont actuellement réparties dans six bâtiments différents ; après la rénovation, elles seront regroupées dans une nouvelle tour des collections. Les sections scientifiques, réparties aujourd’hui dans quatre bâtiments, seront à terme regroupées dans le RSE où seront répartis administration, bureaux, laboratoires et bibliothèques. Le Palais des colonies, converti en centre de congrès, médiathèque et salle de fête, retrouvera quant à lui sa fonction d’origine vouée au public.

L’étape suivante consiste à élaborer des plans concrets pour le bâtiment du musée ; ce sont eux qui, les premiers, sont actuellement en phase d’exécution.

 

Le nouveau bâtiment du musée

La première phase des travaux de rénovation consiste à restaurer en profondeur le bâtiment du musée et à lui apporter les adaptations nécessaires au fonctionnement d’un musée actuel.

L’élément le plus marquant est sans conteste le nouveau pavillon d’accueil qui se dressera entre le pavillon de la Direction et le palais des colonies.

Les fonctions muséales telles que billetterie, boutique, restaurant, espace de pique-nique pour les enfants et vestiaires sont écartées de l’ancien édifice et abritées dans ce nouvel espace. Le fonctionnement de l’accueil en sera optimalisé et le bâtiment du musée pourra ainsi accueillir l’exposition permanente dans des espaces plus grands et mieux adaptés.

Un couloir souterrain mènera du nouveau pavillon d’accueil à l’ancien bâtiment. Des espaces pour expositions temporaires y seront aménagés et les visiteurs pénétreront dans le vieux bâtiment par les caves où sera installée la première partie de la nouvelle exposition permanente, la suite occupant le rez-de-chaussée.

 La cour intérieure fera l’objet d’une intervention contemporaine. Une partie creusée amènera un puits de lumière au sous-sol et pourra également servir de théâtre de plein air.

 Le bâtiment classé du musée sera rénové et restauré dans le respect du concept architectural d’origine. La lumière et la transparence y seront réintroduites dans l’esprit de l’architecte Girault. Les perspectives d’origine seront rétablies.

Quelques études préliminaires ont déjà eu lieu en vue de la restauration, par exemple sur les statues en plâtre et les sculptures dorées, sur le marbre et les parquets, sur les couleurs ou sur les fondations ainsi que, par forages, sur la façade. L'étude préliminaire la plus visible est celle qui porte sur les peintures murales de la salle 10 (Salle d’économie), dont un fragment a été mise à nu : la couche supérieure a été retirée minutieusement, centimètre par centimètre, à l’aide d’un produit décapant conçu pour ne pas endommager les couches de peinture sous-jacentes. En 1957, lorsque les murs ont été nettoyés avant d’être repeints, les décorations murales avaient été sérieusement endommagées par endroits. Les murs de cette salle étaient ornés à l’origine d’une frise composée d’un motif répétitif dont un élément complet a été mis à nu. Une partie du pochoir d’origine a été entièrement reconstituée.                                                  http://www.africamuseum.be/renovation

 

L’exposition permanente

Parallèlement à l’évolution du dossier architectural, une équipe interne travaille à la nouvelle exposition permanente, en collaboration avec des experts externes et des représentants de la diaspora africaine. La conception de l’exposition du nouveau musée est sans aucun doute une mission particulièrement difficile : nos collections sont gigantesques, l’ampleur et la diversité des connaissances scientifiques est impressionnante. Le défi consiste donc à raconter à des visiteurs d’âges variés et d’horizons divers une histoire à la fois attrayante et intéressante et qui reflète l’identité du musée tout en s’appuyant sur l’expertise et les collections de l’institut.

La nouvelle exposition permanente est axée sur l’Afrique centrale et l’homme en est l’élément central. Le nouveau musée veut également être un musée de l’Afrique contemporaine, développant des thèmes comme la biodiversité, les richesses naturelles, l’homme et la société, etc. Le passé et les collections seront approchés dans une vision contemporaine. Tout sera replacé dans son contexte sans éclipser pour autant la beauté des pièces et le bâtiment. Le visiteur pénètre par les caves où un module d’introduction raconte le présent et le passé du musée. Le rez-de-chaussée est divisé en quatre grandes zones thématiques au contenu interdisciplinaire.

 

Scénographie

Le scénographe Niek Kortekaas, qui fait partie de l’association temporaire TV SBA, a élaboré un concept de base pour la scénographie de l’exposition permanente. La scénographie est discrète et garde visible la décoration intérieure d’origine. C’est ainsi que les premières vitrines d’exposition seront restaurées et réemployées. Elles seront par ailleurs complétées de nouvelles vitrines imaginées selon un système modulaire contemporain offrant une grande flexibilité pour les expositions à venir.  Défi colossal, que d’exposer une vision contemporaine de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui dans un bâtiment hérité de l’époque coloniale.

 

Pendant la rénovation

L’adieu à l’ancien musée

Les travaux débuteront fin 2013. Mi 2013 nous fermerons les portes de l’« ancien musée » avec retentissement : une journée riches en activités marquera la clôture d’un chapitre, et ouvrira sur l’avenir. Pendant la rénovation, une grande partie des collections sera hébergée dans les réserves. Le déménagement prendra trois mois environ.

Le Musée hors les murs

Le musée ne sera pas totalement à l’arrêt. Nous serons présents en Belgique avec une série d’expositions temporaires et d’activités en déplacement. Les collections de Tervuren pourront aussi être admirées à l’étranger dans plusieurs musées parmi les plus prestigieux. C’est ainsi que le musée Dapper (Paris) accueillera en 2013 une grande exposition autour de pièces provenant de Tervuren. Une convention de collaboration de longue durée a également été signée avec le Musical Instrument Museum de Phoenix et le Museum for African Art de New York. Une exposition commune avec l’Université de Floride est aussi au programme, à l’occasion des 500 ans de la présence d’Africains aux États Unis.

Et l’institut scientifique ?

La partie « musée » ne représente que 25% de nos activités. Toutes les activités de recherches et de service au public de l’institut scientifique se poursuivront à Tervuren.

 

 

En Belgique, le musée colonial, émanation de l'Exposition coloniale de Tervuren en 1897, a pour but de faire perdurer l'entreprise coloniale au Congo et sensibiliser le public belge aux milieux naturel et culturel de ce territoire d'outre-mer. L'entreprise civilisatrice est donc valorisée et documentée auprès du peuple belge afin de solliciter son intérêt, voire sa participation.

 

 

 

 

 

 

 


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