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La colonisation belge installée sur l'immense territoire de l'Afrique centrale, acquis préalablement par le roi Léopold II à la fin du XIXe siècle, est surtout synonyme de mépris et d'incompréhension des paysages naturels et humains par les Occidentaux découvrant cette région du monde à cette époque. 

Pour l'administrateur colonial et pour le missionnaire, les coutumes et les objets ne doivent plus exister pour l'Africain. L'ensemble de ses expressions culturelles - qualifiées par les colons comme des "marques de barbarie" - doivent être remplacées par la "véritable civlisation" d'inspiration judéo-chrétienne. Même si un grand nombre d'objets est à la destruction, d'autres, nombreux également, arrivent en Europe, et plus particulièrement en Begique, consitutant ainsi des collections privées ou publiques.

En Belgique, le musée colonial, émanation de l'Exposition coloniale de Tervuren en 1897, a pour but de faire perdurer l'entreprise coloniale au Congo et sensibiliser le public belge aux milieux naturel et culturel de ce territoire d'outre-mer. L'entreprise civilisatrice est donc valorisée et documentée auprès du peuple belge afin de solliciter son intérêt, voire sa participation.

La propagande coloniale ne s'est d'ailleurs pas limitée aux expositions muséales, la publicité représente un médium important dans la diffusion des efforts de la colonisation. D'autres moyens sont sollicités comme le cinéma, la littérature, la peinture, la sculpture...

Au tournant du siècle, apparaît la notion "d'art africain" - ou "art nègre" - suit aux expositions de plus en plus fréquentes de masques et de statues dans les galeries, les musées. Cette vogue de ces objets fait écho à l'inspiration d'artistes d'avant-garde pour leur plastique particulièrement expressive. Ainsi, progressivement, les objets culturels africains évoluent d'un statut de "spécimen" propre à une approche ethnographique (ou des sciences naturelles) à celui "d'oeuvre d'art". 

Cette approche purement esthétique délègue à l'ethnographie le "devoir" de forunir l'information nécessaire pour comprendre e contexte culturel de ces objets. Ceux-ci pris en tant qu'oeuvre d'art ne sont valorisés et présentés que selon leur dimension formelle et esthétique. 

Au cours du XXe siècle, le marché de l’art et les expositions constituent des moyens performants de valider des idées, des images et des représentations de cette « Afrique construite et en perpétuelle construction » en croisant rarement sa réalité, puisque ce qui est maîtrisable et manipulable à loisir, ce sont des éléments statiques tels que le concept et l’image. Cela permet de garantir une diffusion de cette culture réifiée (masques, statues, …) à un large public dans un esprit de consommation de masse des produits culturels.

 C.M.

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