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Edouard Manet.- Le déjeuner sur l'herbe, 1863 (Musée d'Orsay, Paris)

Ce tableau a porté plusieurs noms, Le Bain, lorsqu'il fut exposé au Salon des Refusés ; Le déjeuner sur l'herbe, quand il fut présenté d'abord au Salon officiel. Au Salon des Refusés, il fut exposé le 15 mai 1863.

 

Description :

Une femme apparaît à l'avant-plan, ce qui a choqué le public de l'époque. En effet, il s'agit d'un nu inspiré des modèles antiques mais dont il s'agit ici d'un vrai portrait, le modèle préféré de Manet, Victoire Meurent. De plus, le regard de cette femme se tourne vers le spectateur avec un regard franc. À ses côtés, deux hommes sont assis tout habillé, à la mode de l'époque du peintre.

Par ces aspects, cette oeuvre fut jugée impudique.

 

Interprétation :

Manet exprime dans ce tableau une volonté d'accomplir une synthèse par le mélange des genres (paysage, nature morte, nu, portrait, scène de genre), tout en s'inspirant de grands maîtres anciens et modernes.

  • source : Le concert champêtre de Titien (alors attribué à Giorgione) et, pour la disposition du groupe central, une gravure de Marc Antoine Raimondi d'après une fresque de Raphaël (Le jugement de Pâris).


Sources d'inspiration :

  • Le Titien, « Le concert pastoral » (c. 1509 ?) : allégorie de la Poésie ; présence de deux femmes nues (Calliope et Polymnie, Muses de la poésie épique et lyrique), en compagnie de deux jeunes hommes vêtus, dont l'un joue du luth.

  • Raimondi d'après Raphaël, « Le Jugement de Pâris » (1514-1518), gravure

École / Maître:

  • Thomas Couture et la grands musées européens,

  • maîtres espagnols (Velazquez et Goya) et italiens (Le Titien).

 

Conséquences esthétiques:

  • Cette peinture fait office de Manifeste (1) d'une nouvelle manière de peindre et (2) d'une nouvelle conception de l'art et de la relation de l'art avec le public :

  • (1) nouvelle manière de peindre : il s'agit d'une œuvre d'art comparée à la nature sans en être une imitation. Cet aspect est un des traits du XIXe siècle (et la base du XXe siècle). Manet utilise des couleurs éclatantes, contrastantes et en aplats, il n'utilise plus le contraste ombre et lumière pour marquer les volumes et, il abandonne le noir (typique de la peinture classique).

  • (2) nouvelle conception de l'art : Manet joue ici des déformations, par le nu antique opposé aux deux hommes habillés de manière contemporaine ET le regard de la femme, accentué et insistant (qui est un trait essentiel de la peinture de Manet).

 

 

 

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